expositions EN COURS À VENIR PASSEES
© Stephane Calais. Collection Les Abattoirs
© Richard Fauguet. Collection Les Abattoirs
© Myriam Mechita. Collection Les Abattoirs
© Thomas Grünfeld. Collection Les Abattoirs
© Peter Kogler. Collection Les Abattoirs
Exposition collective
Versant Animal
du samedi 24 novembre 2007 au vendredi 29 février 2008

Alain Séchas Cherif Defraoui Joël Hubaut Marianne Plo Miquel Barcelo Myriam Méchita Peter Kogler Philippe Hortala Richard Fauguet Sophie Dubosc Stéphane Calais Sylvie Defraoui Thomas Grünfeld

Sélection des œuvres de la col­lec­tion des Abattoirs.

Hôtel de Viviès – Castres

Commissariat : Pascal Pique, Jackie-Ruth Meyer

« Les rela­tions à l’animal sont le modèle même de la rela­tion à l’autre » Jean Christophe Bailly
Dès l’ori­gine, l’animal est le sujet de la repré­sen­ta­tion artis­ti­que. Selon les pério­des his­to­ri­ques et les cultu­res, les inten­tions des artis­tes, les théo­ries esthé­ti­ques et les récep­tions du public ont varié. Première repré­sen­ta­tion de la confron­ta­tion au réel ou du « grand autre », selon Bataille, dans l’art parié­tal, l’animal a été, au fil du temps, expres­sion de l’allé­go­rie, élément actif de com­po­si­tions pic­tu­ra­les, sup­port de l’ima­ge­rie popu­laire, véhi­cule du rituel etc…Il a été peint ou sculpté en tant que sym­bole, mis en scène en tant que par­te­naire, pré­senté en tant qu’objet, pour affir­mer des valeurs esthé­ti­ques ou poli­ti­ques. Dès les pré­mi­ces de la moder­nité il a ainsi exprimé les visions du monde et de la société, les ten­ta­ti­ves de réconci­lia­tion, les rup­tu­res, le rejet de l’anthro­po­cen­trisme, la réha­bi­li­ta­tion de l’ins­tinct sau­vage contre le ratio­na­lisme, la résis­tance à la machine, la vertu de l’inno­cence mais aussi la sau­va­ge­rie des événements et des hommes. Un des grands exem­ples dans l’his­toire de l’art contem­po­rain est celui de Joseph Beuys : l’animal, por­teur de l’état de nature, appa­raît comme un inter­lo­cu­teur pri­vi­lé­gié pour signi­fier la volonté de l’artiste de créer de la liberté, et par consé­quent de la créa­ti­vité.
Aujourd’hui l’animal est sou­vent por­teur d’une huma­nité perdue dans une société res­sen­tie comme inhu­maine, sous la forme d’une redé­cou­verte d’une ani­ma­lité pri­mor­diale qui nous lie­rait à l’essen­tiel, au sens de la vie et de la mort. Il est l’être choisi avec lequel nos sen­ti­ments, inquié­tu­des et espoirs, ten­dresse et agres­si­vité, raison et folie, rire et tris­tesse, peu­vent s’expri­mer en toute liberté. Il est le sym­bole d’une vie qui serait plus intense, plus vraie, parce que liée à ce qui en nous par­ti­cipe encore de l’incontrôlé, d’un échappatoire pos­si­ble dans un monde qua­drillé par les sys­tè­mes ration­nels et mar­chands domi­nants. Au moment où la recher­che scien­ti­fi­que nous permet de mieux com­pren­dre l’intel­li­gence ani­male, d’ima­gi­ner une proxi­mité nou­velle, voire l’inté­gra­tion d’éléments du corps animal au nôtre, de cons­ta­ter le rôle des ani­maux dans la sau­ve­garde de l’envi­ron­ne­ment natu­rel et la menace de la dis­pa­ri­tion de cer­tai­nes espè­ces, à la suite de l’exploi­ta­tion mas­sive des riches­ses natu­rel­les, advient la reconnais­sance de l’animal en tant qu’être à part entière, dont les besoins et la néces­sité doi­vent être res­pec­tés. Dans une société d’indi­vi­dua­lisme à outrance, de tech­no­lo­gie, de soli­tude et de doute, où l’utopie est consi­dé­rée comme morte, il devient le récep­teur pri­vi­lé­gié de la rela­tion paci­fi­que à l’autre et à soi.
Le titre de l’expo­si­tion, emprunté à Jean Christophe Bailly*, sug­gère l’alté­rité et la proxi­mité du monde animal. Les œuvres sélec­tion­nées dans la col­lec­tion des Abattoirs expri­ment la pos­si­bi­lité de la trans­for­ma­tion de la rela­tion au monde, à l’autre, à la vie, à la mort, au temps, à la spi­ri­tua­lité. Elles expri­ment la vio­lence des chan­ge­ments en cours, la néces­saire ouver­ture à la dif­fé­rence, la légè­reté et la gra­vité des ques­tion­ne­ments d’un monde chao­ti­que en cours de muta­tion. Les ani­maux sont alors les pas­seurs par excel­lence pour renouer avec ce qui nous iden­ti­fie posi­ti­ve­ment, la dimen­sion créa­tive, la capa­cité spi­ri­tuelle et les riches­ses cultu­rel­les, et pour entre­voir un nou­veau monde, hété­ro­gène, que nous crai­gnons et espé­rons à la fois.

* Jean-Christophe Bailly, Le ver­sant animal, 2007, Paris, Ed. Bayard.

ressources

CP Versant Animal, 393 ko

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