expositions EN COURS À VENIR PASSEES
© Christine laquet
© Phoebe Meyer
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© Phoebe Meyer
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© Christine laquet
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Christine Laquet
Nous nous sommes fortement influencés
du vendredi 9 novembre 2007 au jeudi 14 février 2008

Pôle d’art contem­po­rain Ac. C, cité sco­laire Bellevue

Commissariat : Jackie-Ruth Meyer

Les images que Christine Laquet réa­lise en aqua­relle grand format ont l’insis­tance des images men­ta­les réma­nen­tes qui résis­tent. Personnages péné­trant dans la forêt, ani­maux syl­ves­tres auréo­lés d’une lueur fée­ri­que, dans un bruis­se­ment végé­tal irréel (Wonderland, 2004), traces têtues et recom­po­sées d’un réel qui appa­raît mor­celé, esquis­sant des nar­ra­tions lacu­nai­res, dont le sens, déci­dé­ment, échappe. Notre com­pré­hen­sion butte sur un indo­cile inconnu qui pour­tant s’offre à nous, renou­ve­lant cons­tam­ment ses efforts. (...) À l’instar des bêtes sau­va­ges, ces images ne se lais­sent pas appri­voi­ser d’emblée, mais exi­gent du temps, d’autant qu’elle déjouent d’emblée la fas­ci­na­tion de notre œil pour l’image leurre, celle qui repro­duit le réel mieux que le réel. (...) Il y a beau­coup de plai­sir dans le tra­vail de cette artiste, plai­sir sen­si­ble et ludi­que, notam­ment chez ces peti­tes bes­tio­les plu­mées, à la fois gro­tes­ques et aga­çan­tes, les Miquines (pro­non­cer [mikuins]), gigo­tant inlas­sa­ble­ment au sol. La magie de l’inat­tendu n’a pas déserté l’uni­vers de Christine Laquet ; il y a encore de la place et une fer­veur reli­gieuse pour écouter le brame mira­cu­leux du cerf. »1

Durant la rési­dence, Christine Laquet a tra­vaillé autour de la pro­blé­ma­ti­que de « l’enfant sau­vage ». Elle s’appuie sur l’his­toire vraie de Victor de l’Aveyron, cet enfant sau­vage trouvé par des pay­sans dans la forêt près de Lacaune qui le ramè­nent au Docteur Itard. Ce méde­cin tenta alors une éducation pour en faire un enfant « civi­lisé », mais en vain. L’expres­sion « enfant sau­vage » est appa­rue dans le rap­port de police de Guiraud et Constant de Saint-Estève rela­tant la pre­mière et la seconde cap­ture de ce fameux « sau­vage de l’Aveyron ». Christine Laquet se fonde sur cette his­toire vraie pour déve­lop­per un ima­gi­naire mul­ti­forme autour de l’« enfant animal ». Elle a enri­chi au fil des mois son tra­vail grâce à des lec­tu­res parmi les­quel­les Peau d’Ane de Charles Perrault ou encore la course aux mou­tons sau­va­ges d’Haruki Murakami mais aussi des ren­contres liées au contexte de la rési­dence (citons le direc­teur de la segpa de la cité sco­laire Bellevue). Des ren­contres qui l’influen­cent et la confor­tent dans la créa­tion des pièces pré­sen­tées dans cette expo­si­tion. Pour cette expo­si­tion, Christine Laquet pré­sente des œuvres réa­li­sées sur dif­fé­rents sup­ports (vidéos, photos, ins­tal­la­tions) et crée un entre-deux mys­té­rieux, un espace où se mêlent allu­sions aux contes et his­toi­res vraies et se déve­lop­pent des his­toi­res emprein­tes à la fois de réel et de mer­veilleux.

1 Murielle Durand-G, « Nous avan­çons face à la nuit, avec un astre sur l’épaule… », dans 303 n° spé­cial : "Né à Nantes comme tout le monde

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