expositions EN COURS À VENIR PASSEES
Jürgen Schilling
L’étoffe des songes
du vendredi 7 décembre 2007 au jeudi 10 janvier 2008

Fondation Bon Sauveur, Albi

Partenariat entre la Fondation Bon Sauveur d’Alby et le Centre d’art le LAIT dans le cadre de Culture à l’hôpi­tal

Le par­te­na­riat entre la Fondation Bon Sauveur et le Centre d’art le LAIT est une mise en commun d’une vision de la culture. Le centre d’art a pour mis­sion géné­rale de sou­te­nir l’art contem­po­rain et de sen­si­bi­li­ser des publics élargis. Son axe de recher­che inter­roge la rela­tion entre art et contexte, au niveau de la pro­duc­tion et de la pré­sen­ta­tion.

L’accom­pa­gne­ment de pro­jets artis­ti­ques hors les murs fait ainsi partie de son champ d’action. L’objec­tif de cette action pour la Fondation Bon Sauveur d’Alby répond aux réflexions et orien­ta­tions des­si­nées dans le nou­veau projet d’établissement 2006-2010 du CHS Pierre Jamet.
Il s’agit de favo­ri­ser l’action de groupe autour d’un projet, d’éviter l’exclu­sion et de favo­ri­ser la reso­cia­li­sa­tion. L’ouver­ture du temps d’hos­pi­ta­li­sa­tion sur une appro­che artis­ti­que cons­ti­tue aujourd’hui une des répon­ses à ces objec­tifs. La ren­contre d’un artiste et la par­ti­ci­pa­tion à un ate­lier d’expres­sion à l’inté­rieur de l’hôpi­tal, posi­tionne l’usager dans un autre rap­port au soin. L’implan­ta­tion de cet ate­lier à l’inté­rieur de l’hôpi­tal permet d’ins­crire la notion d’acti­vité cultu­relle dans son quo­ti­dien. Ainsi par sa pré­sence il vient inter­ro­ger et sen­si­bi­li­ser le soi­gnant sur rap­port culture - soin et amé­lio­rer la qua­lité de la rela­tion soi­gnants/soi­gnés. Faire entrer la culture à l’hôpi­tal est un véri­ta­ble choix ins­ti­tu­tion­nel pour la Fondation Bon Sauveur.

Le projet artis­ti­que « l’étoffe des songes » s’intè­gre dans le cadre de la conven­tion inter­mi­nis­té­rielle « Culture à l’hôpi­tal » signée entre la Direction Régionale des Affaires Culturelles et l’Agence Régionale de l’Hospitalisation de Midi-Pyrénées.
L’ate­lier « l’étoffe des songes »

Ce titre est extrait d’un pas­sage de l’acte IV de La Tempête de William Shakespeare : « Nous sommes de la même étoffe que les songes. Et notre vie infime est coif­fée de som­meil ». Ce projet artis­ti­que est le pro­lon­ge­ment du tra­vail amorcé en jan­vier 2006 lors de la créa­tion de l’ate­lier « ban­nière poé­ti­que ». Il s’agit d’un projet artis­ti­que mené autour de La tem­pête de William Shakespeare. Il est des­tiné aux patients du sec­teur adulte et du sec­teur infanto-juvé­nile du CHS Pierre Jamet.
La Tempête est une comé­die en cinq actes, écrite par William Shakespeare et créée en 1611. Les per­son­na­ges de La Tempête se sont élevés aujourd’hui à un rang pres­que mythi­que : repré­sen­tés, cités, repris, mis en scène par nombre d’artis­tes dans leurs œuvres, ils incar­nent et sym­bo­li­sent avec une grande richesse les com­por­te­ments et les sen­ti­ments humains.

Pour Jürgen Schilling cette matière lit­té­raire opère tel un filtre qui lui permet d’abor­der avec les patients la ques­tion des rela­tions humai­nes, sou­vent dif­fi­ci­les, voire conflic­tuel­les, mais aussi les humeurs et les sen­ti­ments.

L’objec­tif est de faire par­ti­ci­per des patients à la créa­tion artis­ti­que et de leur per­met­tre d’établir, avec l’artiste, un contact direct avec son tra­vail de des­si­na­teur et sa démar­che. Il ne s’agit pas d’un ate­lier de « thé­ra­pie média­ti­sée », même si les fron­tiè­res entre le thé­ra­peu­ti­que et l’artis­ti­que se che­vau­chent iné­vi­ta­ble­ment.

Un des objec­tifs lié à l’ate­lier de Jürgen Schilling est de créer une impul­sion auprès des pro­fes­sion­nels de soin et de favo­ri­ser leur impli­ca­tion.

L’ate­lier – le projet artis­ti­que en milieu psy­chia­tri­que

Jürgen Schilling pro­pose un dérou­le­ment sem­bla­ble à l’ate­lier « ban­nière poé­ti­que » qui s’est tenu en 2006. Après une décou­verte de la pièce La Tempête auprès des patients, l’artiste choi­sit des per­son­na­ges dont il des­sine le por­trait. Lors de l’ate­lier, les patients choi­sis­sent les por­traits que l’artiste leur pro­pose afin d’en réa­li­ser une copie. Ainsi en redes­si­nant ces por­traits, les patients dépas­sent l’exer­cice de la copie fidèle : ils se réap­pro­prient les per­son­na­ges, lais­sent appa­raî­tre de nou­veaux traits et injec­tent de nou­vel­les humeurs. Par exten­sion, ils finis­sent par réé­crire l’his­toire de La Tempête en lui don­nant un sens nou­veau.

A tra­vers la pra­ti­que du por­trait des per­son­na­ges de « La Tempête » dans les ate­liers, le dessin devient à la fois un ins­tru­ment d’appré­hen­sion (péda­go­gi­que, et même thé­ra­peu­ti­que) et un outil de réflexion pour le des­si­na­teur et l’artiste.

L’artiste Jürgen Schilling ne dirige pas les par­ti­ci­pants de l’ate­lier selon ses idées, mais il observe leur façon de trai­ter la matière qu’il pro­pose. On peut avan­cer qu’il s’agit là d’une appli­ca­tion de l’idée de la sculp­ture sociale de Joseph Beuys, car l’artiste met son savoir à la dis­po­si­tion d’une vision de per­son­nes dont il « sent » qu’elles sont por­teu­ses d’idées par rap­port au sujet.

Le défi de cette créa­tion consiste à être d’intel­li­gence avec une expres­sion par­ti­cu­lière et à donner une forme à la vision qui en résulte.

Jürgen Schilling place son enga­ge­ment artis­ti­que dans sa pra­ti­que auprès de patients en milieu psy­chia­tri­que.

L’expo­si­tion actuelle pré­sente un choix de tra­vaux effec­tués à l’ate­lier « la ferme » (des des­sins), témoi­gnant non seu­le­ment de l’effort des patients à appré­hen­der les per­son­na­ges de la pièce, mais aussi de celui à trou­ver une expres­sion propre, un moyen de com­mu­ni­ca­tion : ces des­sins doi­vent donc être consi­dé­rés comme un signe authen­ti­que !

Cette expo­si­tion pré­sen­tera également des mas­ques ins­pi­rés des per­son­na­ges de « la tem­pête » de Shakespeare, fruit du par­te­na­riat entre l’ate­lier « la Ferme », une Unité de soins et le pôle des thé­ra­pies média­ti­sées. Cette col­la­bo­ra­tion animée par 2 infir­miers, témoi­gne d’une syner­gie excep­tion­nelle qui trou­vera sa suite dans le projet culture à l’hôpi­tal 2008.

Les huit der­niers mois du projet, cons­ti­tue­ront la partie essen­tielle de l’enquête de l’artiste, qui abou­tira à la pré­sen­ta­tion de « Parallèles », étude d’une œuvre, aux Moulins Albigeois en avril 2008.

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