expositions EN COURS À VENIR PASSEES
© Jagna Ciuchta
© Jagna Ciuchta
Jagna Ciuchta
Le menteur, le muet, le trouillard
du mercredi 31 janvier 2007 au samedi 24 mars 2007

Pôle d’art contem­po­rain Ac.C, Cité sco­laire Bellevue

Commissariat : Jackie-Ruth Meyer

La ques­tion du sens de l’art et de la vie est au cœur de ses démar­ches. Pour Jagna Ciuchta l’art n’est pas une méthode pour ana­ly­ser la réa­lité, ni l’effet d’une simple explo­ra­tion for­melle. Il est néces­saire pour inter­ro­ger ou mettre en cause la réa­lité. L’être humain est la colonne ver­té­brale de ses recher­ches : l’être humain en tant qu’indi­vidu en proie avec le monde exté­rieur (l’autrui, la société, la poli­ti­que) et sa propre trans­for­ma­tion inhé­rente au temps. Les pos­si­bi­li­tés phy­si­ques et men­ta­les de la per­cep­tion, les émotions indui­tes, les modes de vision et de pro­fon­deur, le va et vient entre le réel et l’ima­gi­naire, le vrai et le faux, l’authen­ti­que et le fac­tice, l’infini et la limite, le frag­ment et la tota­lité sont les axes de recher­che qu’elle pro­pose d’expé­ri­men­ter phy­si­que­ment et men­ta­le­ment par la vision. Dans les der­niè­res réa­li­sa­tions de Jagna Ciuchta une ambiance douce et oni­ri­que cache bien sou­vent un uni­vers d’ambi­guï­tés et de ten­sions : entre joie et des­truc­tion, désir et déses­poir, plai­sir et désillu­sion… Cette décons­truc­tion de l’illu­sion est peut être un des déno­mi­na­teurs com­muns de ses réa­li­sa­tions. Par exem­ple, dans la série des papiers décou­pés Mort de rire, l’artiste ridi­cu­lise le pathos de la situa­tion de bour­reaux et de vic­time (loups et cerf) en col­lant un point rouge - ou nez de clown – à l’empla­ce­ment du nez. Son Fata Morgana (nom d’un type de mirage) n’est autre qu’un jardin éphémère dont la struc­ture est ins­pi­rée simul­ta­né­ment des para­dis bibli­que et cora­ni­que. En outre, les titres des oeu­vres sont une intro­duc­tion aux recher­ches de l’artiste… l’expo­si­tion Le men­teur, le muet et le trouillard se décline à la fois dans la salle d’expo­si­tion et sur le mur qui pré­cède cet espace. Le spec­ta­teur est accueilli par les « pro­ver­bes polo­nais, vrai ou faux », une série de pro­ver­bes peints sur le mur en let­tres dorées. Pour l’artiste, il s’agit de pro­ver­bes ana­to­mi­ques car ils citent et s’appuient sur des par­ties du corps humain. Liés à la peur, la lâcheté et à l’illu­sion, ils évoquent des atti­tu­des déran­gean­tes, ou hon­teu­ses et nos fai­bles­ses quo­ti­dien­nes :

la peur a de grands yeux

une main lave l’autre

les mains sales, le coeur rose

croire fait mal aux genoux

le men­songe a des jambes cour­tes

se rem­plir la bouche d’eau

se réveiller la main dans un pot de cham­bre

la peau rugueuse, le coeur en mor­ceaux

C’est une étrange mise a nue, un drôle d’atlas ana­to­mi­que (nous sommes donc sur les ter­rains de la méde­cine ? de la mala­die, de l’hypo­chon­drie ?), un regard (auto-) cri­ti­que sur la condi­tion humaine. Du point de vue formel, l’expo­si­tion devient pour l’artiste un ter­rain de jeu et d’expé­rien­ces avec l’image ainsi qu’avec sa langue mater­nelle. Dans la salle d’expo­si­tion, deux gran­des images se font face :

- « ror­schach 3 », 2007 une carte de 3 m de large sur 2,40 m de haut, décou­pée dans du médium et peinte en noir. L’artiste choi­sit volon­tai­re­ment de repré­sen­ter cette partie du monde que sont l’Europe, l’Afrique et une partie du Moyen-Orient. En la dédou­blant à la façon d’un test de Rorschach, l’artiste pro­pose au spec­ta­teur une carte du monde libre d’inter­pré­ta­tion.

- « le cir­cuit / séro­to­nine », 2007 un dessin réa­lisé à même le mur avec le soufre d’une allu­mette pour repré­sen­ter le cir­cuit de la séro­to­nine dans le cer­veau.

Un pro­verbe ponc­tue la lec­ture de l’expo­si­tion : « croire fait mal aux genoux »

ressources

DP Jagna Ciuchta, 394.6 ko

autour de l'exposition