expositions EN COURS À VENIR PASSEES
© Corinne Sentou
Corinne Sentou
Le songe de Tari
du samedi 25 novembre 2006 au dimanche 25 février 2007

Hôtel de Viviès, Castres

Corinne Sentou crée des figu­res ima­gi­nai­res et sym­bo­li­ques, des « mytho­lo­gies moder­nes », en jouant de codes visuels de dif­fé­rents domai­nes artis­ti­ques. Elle cons­truit des espa­ces, des sculp­tu­res, en décou­pant, pliant, pei­gnant ou des­si­nant tous types de formes. Ses mises en scène déli­ca­tes sont régies par un prin­cipe de symé­trie : la ques­tion du double jeu entre réa­lité et imma­té­ria­lité.

Ses pro­blé­ma­ti­ques de tra­vail s’arti­cu­lent autour de l’agen­ce­ment et du désir. Du rose omni­pré­sent aux des­sins - décou­pa­ges, elle redonne à voir l’espace et le temps comme condi­tion de notre sen­si­bi­lité, et pro­pose un nou­veau ter­ri­toire à tra­vers des œuvres en deve­nir aux formes mul­ti­ples.
Trois dimen­sions sont explo­rées : l’oni­risme, la fic­tion et la réa­lité.
Corinne Sentou conçoit son expo­si­tion à l’Hôtel de Viviès comme la mise en place de « tableaux pour rêver » et d’uni­vers fan­tas­ti­ques qui inci­tent chaque visi­teur à s’ima­gi­ner des his­toi­res à partir des dif­fé­rents éléments énigmatiques pré­sen­tés.
L’artiste inves­tit l’espace en mar­quant une gra­da­tion vers la 3eme salle. Le visi­teur part de l’uni­vers fan­to­ma­ti­que de la 1ere salle plon­gée dans l’obs­cu­rité où seuls les des­sins et per­son­na­ges au mur béné­fi­cient d’un éclairage très pointu. Puis il passe dans une 2eme salle plus proche de la « réa­lité humaine » pour arri­ver dans la der­nière salle inon­dée d’une lumière blan­che, maté­ria­li­sant une radi­ca­lité artis­ti­que.
Les murs des trois salles sont peints en rose, une cou­leur « sup­port d’his­toire » dit-elle.
Des des­sins collés sur du miroir dépoli argent, des per­son­na­ges décou­pés dans de l’adhé­sif velours noir Vénilia habi­tent les murs des deux pre­miè­res salles. Les motifs : des ani­maux, des sil­houet­tes, des pay­sa­ges que l’artiste réa­lise sur une palette gra­phi­que et qu’elle conserve dans une banque de don­nées. Les des­sins pro­po­sés sont ainsi des mixa­ges et assem­bla­ges d’images pré pro­dui­tes.
Ils repré­sen­tent, pour l’artiste, une réfé­rence fabu­leuse et extra­va­gante, un ailleurs fan­tas­ti­que de l’ima­gi­naire dans le réel, une sorte d’espace des pos­si­bles.
Dans chaque salle, une sculp­ture plate en plexi­glas est sus­pen­due au pla­fond, au centre de la pièce, à la place du lustre. Il s’agit du « phénix dans le cocon », le per­son­nage prin­ci­pal et énigmatique de l’expo­si­tion qui indi­que la capa­cité de trans­for­ma­tion des images et des êtres.
Deux phra­ses, dans la 1ere et la der­nière salle, ponc­tuent l’expo­si­tion et nous ren­voient à des uni­vers spé­ci­fi­ques et énigmatiques. « A Word For Shadows Like Myself » extrait d’un poème de Shakespeare, lui-même ins­piré du songe de Poliphile et, « Yesterday Is Gone », extraite d’une chan­son de Marianne Faithfull sont des phra­ses clés. Les mots sont décou­pés dans du velours noir, une matière douce qui confère une pré­sence très forte.
La musi­que est un élément à part entière de l’expo­si­tion et joue un rôle essen­tiel. Corinne Sentou a passé com­mande d’une bande son à Victor Carlier, musi­cien, avec le désir de cons­truire l’expo­si­tion comme une par­ti­tion ryth­mi­que ponc­tuée par de longs silen­ces.

Prêt d’œuvre : Agnès B, Vénilia, Analogue

ressources

CP Corinne Sentou, 194.9 ko