expositions EN COURS À VENIR PASSEES
Peggy Pocheux
Slice
du vendredi 27 janvier 2006 au vendredi 24 mars 2006

Salle d’expo­si­tion Cité Scolaire Bellevue

Commissariat : Emilie Ramet

Production d’œuvres : Peggy Pocheux

Dans son tra­vail de pho­to­gra­phie, d’ins­tal­la­tion et de vidéo, Peggy Pocheux révèle ces ins­tants où la réa­lité s’évanouit le temps d’une demi-seconde pour nous lais­ser entre­voir une bribe de sur­na­tu­rel.
Nous sommes plon­gés dans ces situa­tions entre rêve éveillé et état de semi-cons­cience, ces moments où nous ne savons plus si nous bas­cu­lons dans une faille « spatio-tem­po­relle » ou si c’est notre ima­gi­naire qui s’active.

Une forme humaine ou ani­male qui se des­sine dans un nuage ou dans un pay­sage que l’on croise à toute allure, une sil­houette, un visage que l’on reconnaît dans les nœuds du bois d’une table, sur un che­wing-gum écrasé dans la rue.
Elle pro­pose d’insis­ter sur cette part d’ima­gi­naire que l’on côtoie au quo­ti­dien et que l’on décide de mettre de côté. Peggy s’en empare, insiste, la montre du doigt et nous auto­rise à rêver ou à appro­fon­dir ces ins­tants.
Mais atten­tion, on ne penche pas pour autant dans le conte de fées signé Walt Disney, on joue sur l’économie de moyens, le non-spec­ta­cu­laire pour lais­ser libre court à la fic­tion de chacun…pour que chaque ima­gi­naire dérive à son gré, pour que chaque his­toire se tisse, se brode selon sa trame.
Peggy nous offre donc un geste infime, un déclen­cheur, plus exac­te­ment l’inter­rup­teur, le déclic qui nous fera bas­cu­ler vers la fan­tai­sie, l’Apparition.
Elle sème ses petits riens et attend qu’ils ger­ment dans l’esprit de chacun. Sur ce prin­cipe, aucune œuvre n’est uni­vo­que.

Peggy Pocheux nous pro­pose ces œuvres devant les­quel­les on se prend à rêver, à s’évader men­ta­le­ment. Lorsqu’on quitte son tra­vail, on se pose la ques­tion de savoir com­bien de temps on a passé en tête à tête avec ses œuvres tant le retour à la réa­lité nous paraît abrupt et cette der­nière paraît tout à coup étrangère. Le fil avec le réel est coupé.

Slice
Pour ce projet, Peggy nous guide dans le che­mi­ne­ment mental qu’a été le sien lors de la réa­li­sa­tion de l’expo­si­tion Slice à la Cité Scolaire Bellevue.
Lors de sa pre­mière venue à Albi en juillet, Peggy a enclen­ché le pro­ces­sus de concep­tion de cette expo­si­tion. Elle a décidé de lais­ser cha­cune de ses intui­tions, cha­cune de ses pro­po­si­tions d’expo­si­tion éclore, s’épanouir et/ou s’évanouir.
Bien sûr, cha­cune des pro­po­si­tions naît du contexte (le dépla­ce­ment Amiens-Albi, la Cité Scolaire, la salle d’expo­si­tion, le public pres­senti, les per­son­nes ren­contrées…) mais également et sur­tout d’une chose : d’une bribe d’événements perçus, entra­per­çus et enre­gis­trés dans ce contexte.
Chaque pro­po­si­tion fait ensuite son chemin dans l’esprit de l’artiste, cer­tai­nes seront mises de côté pour des rai­sons d’ordre per­son­nel, tech­ni­que, finan­cier ; et d’autres s’élaboreront et évolueront jusqu’au jour J, l’heure H du ver­nis­sage. Jusqu’à ce moment-là, rien n’est calé, rien n’est défi­ni­ti­ve­ment sûr, rien n’est figé, tout reste en muta­tion…
… excepté le fait que quoi qu’il arrive, l’expo­si­tion dévoi­lera sa trame et dérou­lera les méca­nis­mes de la pensée de l’artiste.
Tout ceci grâce à dif­fé­ren­tes stra­tes, cou­ches, tran­ches (Slice en anglais) :
La couche hori­zon­tale, elle plante le décor, elle se pré­sente comme un tapis sur lequel vont se déployer les éléments ver­ti­caux qui com­po­sent l’uni­vers de Peggy Pocheux
La couche ver­ti­cale se cons­ti­tue d’un agen­ce­ment de noyaux (ses œuvres) autour duquel l’expo­si­tion se déve­loppe, aug­mente ou s’étale. Les œuvres sont dis­po­sées dans la salle sui­vant deux espa­ces sépa­rés par une « table de ping-pong ». Le visi­teur ne peut cir­cu­ler d’un lieu à l’autre. Que l’on se trouve d’un côté ou de l’autre on ne voit pas la même expo­si­tion, on ne jouit pas du même point de vue. Seules deux œuvres sont pré­sen­tes dans les deux espa­ces : un grand cou­teau sus­pendu et cette injonc­tion « HOP ». Elles accen­tuent ainsi la dicho­to­mie entre ces deux lieux conti­gus et sépa­rés : deux espa­ces qui se côtoient sans se ren­contrer, une méta­phore du sys­tème de cir­cu­la­tion dans l’établissement qui veut que pour un même lieu, les deux accès ne soient pas auto­ri­sés à la même caté­go­rie de per­son­nes.
Dernière couche : le chu­tier. Il tire son nom du voca­bu­laire de mon­tage cinéma et vidéo. En effet le chu­tier est le réser­voir (l’archive d’images, l’ensem­ble des rushes) dans lequel pui­sent les mon­teurs.
Ici le chu­tier se pose comme un poten­tiel d’expo­si­tions au sein de l’expo­si­tion, une réserve d’œuvres, de pièces exis­tan­tes ou en projet qui après avoir été envi­sa­gées pour Slice sont mises de côté.
Ses œuvres se pré­sen­tent sous la forme d’un des­crip­tif de projet imprimé sur de petits chif­fons écrus sus­pen­dus aux murs de la salle d’expo­si­tion. Ces fiches de réa­li­sa­tion d’œuvres com­po­sent une archive dans laquelle chaque spec­ta­teur peut puiser pour recons­ti­tuer une expo­si­tion poten­tielle (envi­sa­gée par l’artiste) pour le lieu.
Ainsi le visi­teur peut faire un tra­vail minu­tieux de détec­ti­ves et de recons­ti­tu­tion d’une expo­si­tion en projet et/ou du che­mi­ne­ment mental de l’artiste.

Grâce à toutes ses pistes, toutes ses énigmes, Peggy Pocheux nous déli­vre le monde qu ‘elle a envi­sagé pour la Cité Scolaire Bellevue. Elle nous y invite, nous y plonge et nous laisse nous y pren­dre au piège. A chacun de trou­ver sa propre issue à ce laby­rin­the.

ressources

CP Peggy Pocheux, 168.8 ko

dossier pedagogique, 352.6 ko

DP Peggy Pocheux, 2.9 Mo